Deux hausses de taux de la Banque du Canada : pourquoi et quel impact sur l’immobilier?

Depuis quelques semaines, le discours autour des taux d’intérêt a complètement changé. Alors qu’on parlait surtout de baisses de taux et d’un éventuel assouplissement de la politique monétaire, le scénario qui se dessine maintenant est beaucoup moins favorable aux emprunteurs.

La Banque du Canada maintient actuellement son taux directeur à 2,25 %, après l’avoir laissé inchangé le 2 septembre 2026. Les deux prochaines décisions sont prévues le 28 octobre et le 9 décembre 2026. 

Et oui, le marché commence maintenant à envisager deux hausses de taux d’ici la fin de l’année.

Attention toutefois : ce ne sont pas des hausses annoncées d’avance. Ce sont des anticipations de marché qui peuvent changer rapidement selon l’inflation, le pétrole, l’emploi et les données économiques à venir.

Pourquoi parle-t-on maintenant de hausses de taux?

La principale raison est assez simple : l’inflation est redevenue préoccupante.

En août 2026, l’Indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 3,0 % sur un an, soit le même rythme qu’en juillet. En excluant l’essence, l’inflation était encore de 2,4 %. 

La Banque du Canada doit donc éviter de baisser les taux trop rapidement. Sinon, elle risque de stimuler davantage la demande alors que les prix sont déjà sous pression.

Il y a aussi le pétrole. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont fait grimper les prix de l’énergie et la Banque du Canada surveille particulièrement le risque que cette hausse finisse par se transmettre à d’autres produits et services. C’est justement l’une des préoccupations mentionnées par la Banque dans sa dernière décision. 

À cela s’ajoutent les tensions commerciales et les tarifs américains. Pour une économie comme celle du Canada, c’est un élément important : certaines entreprises voient leurs coûts augmenter, ce qui peut éventuellement se refléter dans les prix payés par les consommateurs.

Deux hausses sont-elles vraiment prévues?

C’est ici que je serais prudent.

Dans mon travail de courtier immobilier à Montréal, je vois souvent la même erreur : prendre une prévision économique et la traiter comme une certitude.

Ce n’est pas ce que je ferais avec les taux actuels.

Les marchés financiers anticipent effectivement une possibilité de hausse lors des prochaines décisions de la Banque du Canada, mais les probabilités bougent rapidement. Début octobre, certaines données de marché plaçaient la probabilité d’une hausse de 0,25 point le 28 octobre autour de 50 %, avec une possibilité beaucoup plus importante d’être à 2,50 % d’ici décembre. 

Autrement dit, le scénario de deux hausses existe bel et bien, mais il dépendra des prochaines données.

Et justement, une donnée importante arrive rapidement : les chiffres de l’emploi de septembre seront publiés le 9 octobre, tandis que l’inflation de septembre sera publiée le 19 octobre, quelques jours seulement avant la décision du 28 octobre. 

C’est probablement ce qui va donner beaucoup plus de direction au marché.

Quel impact sur les hypothèques?

Une hausse du taux directeur ne signifie pas automatiquement que toutes les hypothèques augmentent de la même façon.

C’est surtout les hypothèques à taux variable et les marges de crédit qui sont directement sensibles au taux préférentiel des banques.

Par exemple, une hausse de 0,25 % peut sembler minime sur papier. Mais sur une hypothèque importante, elle finit par représenter plusieurs centaines de dollars supplémentaires par année.

Pour un acheteur qui finance 600 000 $, la différence entre un taux hypothécaire de 4,5 % et 5,0 % représente déjà une différence importante dans le coût total du financement.

C’est exactement pourquoi je recommande à mes acheteurs de ne pas seulement regarder le prix de la propriété. Le taux, la mise de fonds, la durée du terme et la capacité de paiement doivent être analysés ensemble.

Et pour le marché immobilier de Montréal?

C’est probablement là que les choses deviennent intéressantes.

Une hausse des taux peut ralentir certains acheteurs, particulièrement ceux qui sont déjà à la limite de leur capacité d’emprunt. Elle peut aussi rendre certains propriétaires plus hésitants à vendre ou à acheter plus grand.

Mais je ne crois pas qu’une hausse de 0,25 % ou même de 0,50 % suffise à elle seule à faire disparaître la demande immobilière à Montréal.

Le marché montréalais est beaucoup plus nuancé que ça.

Dans les quartiers où je travaille régulièrement — Plateau-Mont-Royal, Villeray, Rosemont–La Petite-Patrie, Hochelaga et le centre de Montréal — je constate surtout que les acheteurs sont devenus beaucoup plus attentifs au coût réel de leur projet.

Ils regardent davantage la mensualité, les taxes, les frais de copropriété et les travaux à prévoir. Et honnêtement, c’est une bonne chose. 🏡

Est-ce qu’il faut attendre avant d’acheter?

C’est probablement la question que je reçois le plus souvent.

Et ma réponse n’est pas automatiquement oui ou non.

Si vous avez un projet d’achat dans les prochains mois et que votre financement est déjà bien avancé, je trouve beaucoup plus pertinent de sécuriser sa situation financière que d’essayer de deviner exactement ce que fera la Banque du Canada.

Personne ne connaît le taux qui sera affiché dans trois mois avec certitude.

Par contre, on peut travailler avec son courtier hypothécaire ou sa banque pour obtenir une préapprobation et, lorsque possible, un taux garanti pendant une période déterminée.

C’est une nuance importante.

Si les taux montent, vous êtes protégé contre une partie du risque. S’ils baissent, certaines institutions permettent parfois de bénéficier du meilleur taux disponible au moment du financement. Les conditions varient toutefois d’un prêteur à l’autre.

Ce que je surveille pour mes clients

Comme courtier immobilier à Montréal, je préfère regarder plusieurs indicateurs plutôt que de simplement suivre les manchettes sur les taux.

Je surveille notamment l’inflation, les décisions de la Banque du Canada, les taux obligataires, le marché hypothécaire et, surtout, la réaction des acheteurs et des vendeurs sur le terrain.

Parce qu’entre une prévision économique et ce qui se passe réellement dans une transaction, il y a parfois tout un monde.

Christophe Langlois, courtier immobilier à Montréal, accompagne justement ses clients dans ce type de décision en tenant compte de leur situation financière, de leur horizon d’achat et du secteur immobilier qui les intéresse.

Pour moi, l’objectif n’est pas de prédire parfaitement le prochain mouvement de taux. C’est plutôt de faire en sorte que mes clients prennent une décision qui reste confortable même si le scénario économique ne se déroule pas exactement comme prévu. 📈

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