L’état de l’immobilier au Plateau, Villeray et Rosemont d’ici la fin de 2026

Le marché immobilier montréalais de 2026 n’est plus exactement celui qu’on connaissait il y a quelques années. La demande est toujours bien présente, mais les acheteurs sont plus attentifs, les propriétés ne se vendent pas toutes au même rythme et le prix affiché doit être beaucoup plus près de la réalité du marché.

Sur le terrain, c’est particulièrement visible dans des secteurs comme le Plateau-Mont-Royal, Villeray et Rosemont–La Petite-Patrie. Pour les prochains mois, je m’attends davantage à un marché actif, mais plus nuancé qu’à une nouvelle période de surchauffe.

Un marché qui se rééquilibre tranquillement

Les données de 2026 montrent déjà ce changement de rythme. À l’échelle de la RMR de Montréal, l’APCIQ parle d’un rééquilibrage graduel du marché et prévoit une activité plus modérée pour la deuxième moitié de l’année. Pour 2026, l’organisme prévoit notamment une baisse des ventes résidentielles au Québec, tout en maintenant une pression à la hausse sur les prix des unifamiliales. 

Ce qui est intéressant, c’est que cette tendance ne se manifeste pas de la même façon partout.

Au Plateau-Mont-Royal, par exemple, les quatre derniers trimestres montrent une hausse de 8 % du prix médian des unifamiliales, qui atteint environ 1,44 M$. Les plex affichent aussi une progression de 2 % du prix médian. En revanche, le nombre d’inscriptions de plex en vigueur est en hausse de 31 % sur quatre trimestres. 

À Rosemont–La Petite-Patrie, le portrait est également intéressant : le prix médian des unifamiliales atteint environ 1,09 M$ sur les quatre derniers trimestres, tandis que les ventes d’unifamiliales ont augmenté de 29 %. Pour les plex, le prix médian se situe autour de 983 000 $, en hausse de 8 %. 

Villeray est un peu différent. Le prix médian des unifamiliales est d’environ 736 500 $ sur les quatre derniers trimestres, en hausse de 2 %. Pour les plex, le prix médian atteint environ 842 000 $, avec une hausse de 7 %. Les délais moyens de vente ont toutefois diminué dans plusieurs catégories. 

Qu’est-ce que ça signifie pour les vendeurs?

À mon avis, la grande différence en cette fin de 2026 est simple : être dans un bon secteur ne suffit plus pour vendre rapidement au prix souhaité.

Je le vois régulièrement dans mes transactions. Deux propriétés relativement comparables peuvent avoir des résultats complètement différents. Une propriété bien positionnée, bien présentée et correctement évaluée peut attirer rapidement l’attention. Une autre, affichée 5 ou 10 % trop cher, peut commencer à perdre de son momentum après quelques semaines.

C’est particulièrement important au Plateau, à Villeray et à Rosemont, où les acheteurs connaissent souvent très bien leur marché.

Pour un vendeur, je privilégierais donc une stratégie basée sur les propriétés qui se sont réellement vendues récemment, et non uniquement sur les propriétés actuellement à vendre. Ce sont les ventes conclues qui nous indiquent ce que les acheteurs acceptent réellement de payer.

Il faut aussi regarder le type de propriété. Un condo rénové avec terrasse et stationnement ne se compare pas nécessairement à un condo similaire de superficie équivalente, mais avec des travaux importants à prévoir.

C’est justement dans ces détails que l’expérience locale devient importante. Christophe Langlois, courtier immobilier à Montréal, accompagne principalement des propriétaires et acheteurs dans plusieurs secteurs centraux, dont le Plateau, Villeray et Rosemont. L’analyse ne s’arrête donc pas au prix au pied carré : état de la propriété, emplacement précis, luminosité, terrasse, stationnement, revenus pour un plex, travaux à prévoir et propriétés concurrentes entrent tous dans l’équation.

Et pour les acheteurs?

Pour les acheteurs, je ne pense pas qu’il faille attendre une hypothétique « grosse baisse » des prix pour commencer à regarder.

Les taux ont déjà changé considérablement depuis les sommets précédents. En septembre 2026, la Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 %. 

Mais ça ne signifie pas que tout est devenu facile. L’abordabilité demeure un enjeu important et l’APCIQ souligne que les renouvellements hypothécaires à des taux plus élevés ainsi que la situation économique peuvent continuer à ralentir certains acheteurs. 

Sur le terrain, je constate surtout que les acheteurs doivent être capables de distinguer une propriété réellement intéressante d’une propriété simplement bien mise en marché.

Un condo qui reste longtemps à vendre n’est pas automatiquement une mauvaise affaire. À l’inverse, une propriété qui reçoit plusieurs visites dès les premiers jours n’est pas nécessairement une bonne occasion. Il faut comprendre pourquoi.

Et surtout, les acheteurs bien préparés peuvent encore agir rapidement lorsqu’une propriété correspond réellement à leurs critères. 🔎

À quoi s’attendre d’ici décembre 2026?

Je m’attends à une fin d’année où le marché immobilier du Plateau, de Villeray et de Rosemont demeurera actif, mais avec davantage de différences entre les propriétés.

Les secteurs centraux continuent d’avoir des atouts difficiles à reproduire : proximité des services, restaurants, transport, écoles, parcs et vie de quartier. La rareté de certaines propriétés, particulièrement les unifamiliales et les plex bien entretenus, demeure un facteur important.

En même temps, les acheteurs sont devenus plus rationnels. Ils analysent davantage les chiffres, les travaux, les frais de copropriété et le potentiel réel de la propriété.

C’est probablement la tendance que je retiendrais pour la fin de 2026 : un marché encore favorable aux propriétés bien positionnées, mais beaucoup moins indulgent envers les prix irréalistes.

Pour un vendeur qui envisage de mettre sa propriété sur le marché, ou un acheteur qui souhaite profiter des occasions dans le Plateau, Villeray ou Rosemont, le plus important sera donc de regarder la réalité du micro-marché, plutôt que de se fier uniquement aux grandes tendances montréalaises.

Et c’est précisément là que j’aime faire mon travail : analyser ce qui se passe réellement dans le quartier, rue par rue et propriété par propriété, afin de bâtir une stratégie adaptée à la situation. 🏡

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